Le directeur des fouilles à l’Incoronata di Pisticci, le Pr. Mario Denti de l’Université de Rennes 2, a eu l’occasion les 16 et 17 mars 2010, à l’invitation du Pr. Massimo Osanna, directeur de l’école, de présenter à la fois les nouvelles découvertes sur le site archéologique et les recherches, conduites actuellement par des étudiants et chercheurs de l’Université de Rennes 2, ainsi que les premiers résultats.

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Cette présentation, qui s’est déclinée en deux axes (« Uno spazio artigianale greco-enotrio del VII secolo A.C all’Incoronata » puis « Greci e Enotri tra VIII e VII secolo A.C e la nozione di « ellenizzazione » in età protocoloniale »), s’est déroulée à Matera, dans les locaux de l’école de spécialisation en archéologie, Aula Sassu.

 

Les nombreux auditeurs, étudiants et chercheurs, ont pu apprécier avec intérêt l’importance que revêt à l’heure actuelle ces recherches dans la compréhension des relations entre Grecs (nous dirons migrants en provenance de Grèce) et indigènes de l’Italie du Sud et des modalités de contacts, aux 8e et 7e siècles av. J.-C., à une époque dite pré ou proto-coloniale (sur ces questions, vous trouverez plus d’informations sur le nouveau site internet des recherches de l’Université de Rennes2 à l’Incoronata di Pisticci).


Un débat très intéressant et très engagé a ensuite suivi ces interventions : ont été abordés notamment la question de la remise en cause des « modèles » précédents, la difficile localisation ou identification des populations en question et leurs rôles respectifs dans ces phénomènes de contacts révélés par l’archéologie, ou encore le besoin d’une utilisation prudente des termes tels que « hellénisation », notion peut-être trop forte et même anachronique pour une époque où la conscience d’une unité culturelle grecque, hellène, est loin d’être d’actualité :


"Homère n'utilise pas non plus l'expression de barbares, pour la raison qu'il n'y avait pas encore, à ce qu'il me semble, une seule expression correspondante pour les Hellènes."  (Thucydide I, 3, 3)


L'équipe de recherche à l'Incoronata de l'Université de Rennes2, Haute-Bretagne.