Lors de la neuvième campagne de fouille, l’équipe universitaire de Rennes 2 a poursuivi ses investigations aux limites sud-occidentales de la colline d’Incoronata (Secteur 1) qui, depuis 2005, font l’objet d’une attention particulière. Cette zone marginale du promontoire présente en effet une situation archéologique inédite qui renouvèle considérablement notre connaissance de ce site gréco-indigène des VIIIe et VIIe s. av. J.-C.

  Les structures et contextes archéologiques mis en évidence lors des campagnes précédentes nécessitaient une enquête approfondie dans ce secteur afin de préciser l’ampleur, la nature et la chronologie des phases d’occupation observées.

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Vue aérienne du secteur 1 en cours de fouille, Incoronata, 2011. Crédits : équipe Rennes 2 Incoronata

  Le pavement (US 38), découvert en 2005 en bordure de pente, constitue un des enjeux scientifiques principaux en raison de sa qualité d’exécution et de ses dimensions exceptionnelles pour l’Âge du Fer. Orienté selon un axe est-ouest, il est désormais dégagé sur 23 mètres environ et continue vers l’ouest sous d’importants niveaux de remblai qui ont permis sa préservation. Datable de la seconde moitié du VIIIe s. av. J.-C. et vraisemblablement attribuable à la phase d’occupation œnôtre de la colline, il relève d’une technique de construction inédite associant une sorte de ciment très compact à de petits galets. Si sa limite nord a été conservée dans son état primitif comme l’indique son caractère nettement rectiligne, sa limite sud a quant-à elle été largement perturbée au siècle suivant, ce qui soulève la question de l’extension et de la nature originelles de ce remarquable pavement, ainsi que de sa ré-fonctionnalisation dans la première moitié du VIIe siècle s. av. J.-C., au cours d’une phase de cohabitation gréco-indigène.

  Immédiatement au nord du pavement a été mis en évidence dès 2003 un profond décaissement identifié comme une carrière d’extraction d’argile, insérée au sein d’un ensemble artisanal dédié à la production céramique. D’une profondeur maximale avoisinant 2,50 mètres, celle-ci a été comblée, après épuisement du gisement, par d’importants remblais relevant du même geste qui a vu l’oblitération du pavement, datable à partir de la moitié du VIIe s. avant J.C. Le fonctionnement de cette carrière implique la réutilisation de ce dernier comme niveau de circulation au sein de l’espace artisanal mais il n’est pour l’instant pas permis de dater le début de son exploitation. La reprise de la fouille a permis de préciser la limite sud-est de cette excavation et de mettre en évidence le niveau de circulation/utilisation (US 106) qui la relie à l’aire artisanale située immédiatement à l’est.

Céramiques

Céramiques sur un niveau de circulation, aire artisanale, Incoronata, 2011. Crédits : M. Denti

  L’aire artisanale identifiée au nord de l’extrémité orientale du pavement, avec qui elle fonctionne également, est caractérisée par la présence d’un niveau rubéfié (US 130) connecté à diverses strates plus irrégulières ayant également été soumises à l’action intense du feu. L’extension de la fouille vers le nord a permis de préciser les limites de cette zone de combustion/cuisson et de mettre en évidence des niveaux de circulation qui lui sont associés. Les nombreux tessons de céramique disposés à plat sur ces derniers semblent marquer la fin d’activité et l’abandon de cette aire, datables dans la moitié du VIIe siècle av. J.C.

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Fouille et relevé topographique sur le secteur 1, Incoronata, 2011. Crédits : équipe Rennes 2 Incoronata

 

Plus d'informations sur le site officiel de la fouille : http://www.sites.univ-rennes2.fr/lahm/incoronata/index.htm

 

F. Meadeb, pour l'équipe archéologique de Rennes 2 à l'Incoronata